Album Photos |
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L'équipage |
PORQUEROLLES / BONIFACIO Corse (168 milles – 27h00)
Voilà nous sommes prêts, enfin on l’espère
!!!
Depuis le début du mois nous avons eu confirmation de notre participation
au 17ème rallye E.M.Y.R. organisé par la Turquie.
Il part d’Istanbul pour Port Saïd en Egypte en longeant toute la
côte ouest de la méditerranée, visitant tous les pays.
Durée du rallye : 7 semaines pour 1400 miles.
Le départ est fixé au 25 avril à Istanbul.
Cela nous laisse un peu moins d’un mois pour faire 1444 miles ???
Pour des débutants comme nous c’est chaud. Les plus experts nous
disent le faire en quinze jours sans s’arrêter …. Les autres
pensent qu’en un mois c’est faisable.
Seulement depuis le début du mois les vents sur les îles du Levant
sont très forts et la mer très agitée. Soit du mistral
d’ouest, soit du vent d’est très mauvais (surtout pour
aller à l’est).
On nous conseille une « queue » de mistral, ce qui signifie la
fin du mistral, quand il perd de sa force et avant que les vents contraires
ne reprennent. Cela nous laissera à peu près trois jours de
répis pour la traversée et il nous en faut un et demi !!! On
attend. Plus les jours passent plus les chances d’arriver à Istanbul
à temps s’amenuisent. Au pire on pourra toujours récupérer
le rallye plus au sud mais se serait dommage de rater « le » départ.
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MILLES PARCOURUS |
Mise à jour terminée |

BONIFACIO / CODA-CAVALLO Sardaigne (50 milles – 8h50)
27 mars 2006.
Nous quittons tranquillement Bonifacio vers 9h45 pour la Sardaigne que l’on
a vue en face de nous hier soir des hauteurs de la ville. Ca parait tout près.
Il faut traverser les « bouches de Bonifacio », couloir maritime
entre Corse et Sardaigne. Nous sommes méfiants mais nous ne verrons
aucun bateau. Nous passons près des îles Lavezzi et nous quittons
la France. En arrivant dans l’archipel de la Magdalena nous sommes plongés
dans un brouillard épais. La mer est d’huile, il n’y a
pas un bruit, pas un souffle, c’est très impressionnant. Le radar
n’étant pas réparé ( ???) nous utilisons uniquement
le GPS pour nous situer avec l’aide aussi de la carte papier. A un moment
nous nous arrêtons. Partout autour de nous semblent surgir des rochers.
Nous en sommes entourés comme si l’on était sur un lac…
Est-ce que le GPS du bord ne fonctionne pas correctement depuis sa réparation
la veille ? On allume le deuxième GPS et l’ordinateur. Les deux
confirment l’endroit où nous sommes, libres de tous rochers….
Mais où sommes nous ?
Finalement avec les jumelles on découvre une espèce de piquet
qui pourrait correspondre à une balise située sur la carte mais
vraiment loin. Au ralenti on met le cap dessus. A ce moment le brouillard
commence à se lever et les rochers qui nous encerclent s’éloignent…
Ceux sont les îles de l’archipel, éloignées de plusieurs
centaines de mètres et qui avec le brouillard nous paraissaient des
rochers tout proches. Ouf ! curieux phénomène. On comprend comment
on pu naître certaines légendes.
A 15h30 nous quittons la protection de cet archipel magnifique et nous nous
retrouvons sur la côte est de la Sardaigne. Le vent et la mer sont forts
mais nous arriverons au mouillage que nous avons prévu à Coda
Cavallo par 40°50'509 N et 9°43'239 E à 19h00. Mouillage protégé
où nous passerons une nuit tranquille seuls au monde et pour la première
fois depuis l’automne dernier.

CODA CAVALLO / CALLA GONONE (40 milles – 6h20)
28 mars 2006 mardi
Le vent s’est calmé mais la brume semble être de retour.
Je n’ai toujours pas trouvé la cause de la panne du radar. D’un
autre côté on ne peut rester au mouillage loin de tout. Le mieux
est d’aller dans un port. C’est notre prochaine étape à
Calla Gonone à environ 40 milles. La météo est bonne,
la mer calme, on part vers 10h00, cap au 185° autant dire plein sud. On
s’éloigne un peu plus de la côte car on ne voit pas grand-chose
et on s’écarquille les yeux à tenter de percevoir un bateau
ou autre.
La seule chose que l’on rencontre c’est une forte houle désagréable
de sud est.
Parfois la visibilité est réduite à moins de 200 m. Pendant
le trajet je découvre la cause de la panne du radar au pied du mât
sous le plafond. Il faudra réparer rapidement mais là avec la
houle c’est impossible.
En plus du GPS nous avons allumé l’ordinateur. Nous nous rendons
compte que nous approchons du port mais rien en vue, ni port, ni côte,
ni bateaux. Rien : du brouillard.
Les yeux rivés sur l’ordinateur, on voit la côte arriver
et toujours rien dehors. Pourtant l’entrée du port parait être
à moins de cinq cent mètres…. Enfin le rideau de brume
se déchire et nous apercevons la jetée du port ; nous en sommes
à environ 250m !!! C’est enfin l’entrée et l’amarrage
à 16h30.
Il s’agit d’un petit port de pêcheurs où nous sommes
le seul voilier et les seuls « étrangers ». Mais nous sommes
contents d’y être arrivés. 40°31'127 N et 9°50'228
E.
Première chose : réparer le radar. Voila c’est fait ;
tous les fils ont été repris un par un, il faudra vérifier
de temps en temps.
Ensuite petite balade dans la ville (en Italie !!) sans charme ni capitainerie,
la nuit sera gratuite.
Vers la fin du jour, des nuages impressionnants descendent de la montagne
qui nous surplombe et viennent s’installer devant l’entrée
du port. Quelques heures après c’est un vent violent qui les
pousse ainsi que des vagues énormes. Nous sommes dans un port mais
moins à l’abri que dans certains mouillages. Nous passerons la
nuit dans un « shaker » avec des bruits épouvantables de
fin du monde. L’indicateur de vent indique force 8 avec des rafales
à 11… Tous les pare battages seront utilisés du même
côté entre le quai et nous. Finalement le sommeil l’emportera.
Le lendemain matin inspection du bateau : RAS. Ouf. Le vent est tombé,
force 2-3, la mer est belle, la visibilité excellente. Nous partons
direction Istanbul mais d’abord par Porto Corallo toujours sur la côte
est de la Sardaigne.
CALLA GONONE / PORTO CORALLO (52 milles – 6h30)
29 mars 2006
Nous partons ver 9h10. Nous voulons descendre jusqu’à Arbatax
pour ensuite traverser vers la Sicile mais en regardant bien la carte on s’aperçoit
que cela va nous rallonger pour rien.
Nous traverserons à partir de Porto Corallo si l’on trouve du
carburant.
A 13h20 une embarcation rapide quitte la côte et vient droit sur nous.
C’est la « garda financia » italienne. Petit contrôle
des documents administratifs à l’aide d’une épuisette
puis nous continuons notre route.
Nous longeons gentiment la côte. Il n’y a pas de vent et peu de
houle.
Nous arrivons à Porto Corallo vers 17h00.
Il n’y a pas de gas-oil sur le port mais les pêcheurs s’activent
entre eux et nous proposent d’aller nous chercher du carburant en ville.
Quelques minutes après ils reviennent avec deux bidons de 40 litres
et nous pouvons compléter notre réservoir. Merci à vous.

Les quarts commencent. Je relis Robinson Crusoé….
A 6h00, le jour se lève. Nous passons très près d’un
chalutier qui zigzague sans se préoccuper de nous. 145 milles de parcourus.
Nous arriverons à Palerme à 14h00. Dans la baie, un banc de
dauphins se prélasse.
La marina, enfin les marinas, se trouvent dans le port de commerce. Tout est
privé et appartient à différents clubs. Nous trouvons
une place où nous pourrons passer la nuit, prendre de l’eau et
du carburant et payer 40€ sans facture et en espèces…. Bienvenue
en Sicile !
A peine installés nous partons à la découverte de la
ville. C’est très très joli, un peu vieux, pas mal sale.
Nous achetons un morceau de pizza dans la rue :excellente ! Puis un livre
de recettes Sicilienne qui nous servira beaucoup ( hum ! les bruchettas préparés
par Chouchou….).
Enfin au marché nous achetons des fruits et des légumes frais.
Le soir nous trouvons un petit restaurant sympa ou nous nous régalons
de recettes locales notamment à base d’espadon.
Mais il faut avancer. Nous nous couchons assez tôt (22h30) pour nous
lever le lendemain à 5h00.
Nous quittons le port dans la nuit au milieu d’un trafic de gros bateaux.
Direction Milazo à la pointe nord-est, dernier port avant la botte
italienne.

PORTO-CORALLO / PALERMO Sicile (198 milles – 29h00)
30 mars, jeudi
La météo est bonne pour les jours à venir aussi au lieu
de descendre jusqu’à Arbatax nous décidons de traverser
tout de suite en direction du cap San Vito à la pointe ouest de la
Sicile.
Nous partons vers 8h45 par mer calme sans vent.
A 10h00 un canot rapide de l’armée nous rejoint et nous explique
que nous allons vers une zone de tir et qu’il faut nous dérouter
vers le sud pendant au moins trois milles.
Ensuite nous entendrons par radio des appels radio nous semblant destinés
et provenant d’un aéroport militaire, mais nous sommes trop loin
pour qu’eux nous reçoivent.
A midi ce sont les premiers tirs d’obus dans le nord ; c’est impressionnant.
Nous remarquerons ensuite avec le temps que très souvent les militaires
de tous les pays s’entraînent à tirer en mer !!!!
A 14h30 après 40 milles parcourus sur une mer d’un bleu extraordinaire,
nous croisons notre première tortue. A 17h30 c’est un dauphin
solitaire qui nous accompagne un peu.
A 20h00, au milieu de cette mer, le soleil se couche et la lune se lève
aussitôt. Nous avons parcourus 77 milles.
PALERMO / MILAZO (96 milles – 13h00)
1 avril, samedi, une semaine depuis Porquerolles.
Nous venons d’assister à un magnifique lever de soleil juste
devant nous. Nous avions prévus d’aller jusqu’à
Capo d’Orlando mais finalement la mer est calme et nous avançons
bien. En allant à Milazo nous gagnerons une étape, donc un jour.
Nous arrivons à 20h00 autant dire en pleine nuit. Nous trouvons le
port et quelqu’un sur un ponton nous fait des signes. Nous accostons.
Il s’agit la aussi de marinas privés. Le coût de la nuit
est de 60€ !!! Nous discutons avec les mains et finalement nous comprenons
que nous pouvons nous mettre plus loin, à « paquetto »
ce qui signifie à couple. Nous trouvons un gros bateau qui ne semble
pas avoir l’air de partir tôt le matin et nous nous amarrons à
lui.
Demain nous passerons le détroit de Messine et avec
tout ce que l’on en dit nous ne sommes pas trop rassurés. Dans
notre guide de navigation il est fait mention de forts courants dans le détroit
selon les horaires de passage dans un sens ou dans l’autre, à
calculer en rapport avec les marées qui empruntent le détroit
de Gibraltar…. Pas très simple. Nous décidons de nous
rendre chez les gardes côtes pour en savoir un peu plus. Tout le monde
tombe des nues et on nous conseille finalement de nous rendre à Messine
pour nous renseigner. Messine se trouvant après le détroit ……
nous abandonnons.
Il n’y a rien d’autres à faire que dormir et nous mettons
le réveil à 5h45.
MILAZO / REGIO di CALABRE Italie (32 milles – 5h00)
Nous quittons Milazo à la nuit à 6h30. Nous
prenons notre petit déjeuner dans le cockpit comme souvent. Marjo en
profite ensuite pour apprendre le Turc.
Le jour se lève, la mer est comme un lac. Pas un brin de vent. Les
conditions météo semblent parfaites.
Nous arrivons à la pointe de la Sicile, le phare est sur notre tribord.
Face à nous, très proche, la côte escarpée de l’Italie.
Nous nous engageons le cœur battant et nous cherchons tout de suite du
regard les terribles tourbillons qui se forment entre Charibae et Silae. Ils
sont eux aussi mentionnés dans notre guide mais ne paraissent dangereux
que pour de faibles embarcations. Effectivement nous arrivons dans leurs parages
et par prudence nous les évitons.
Le baromètre descend un peu mais le temps reste stable et nous entrons
dans le port de Regio à 11h30.
Le vent prend le port en enfilade et le plein de gas-oil s’avère
être une opération délicate.
Finalement on nous trouve une place difficile à prendre par vent de
travers où l’on serra secoués toute la nuit.
REGIO di CALABRE / ROCELLA IONICA (54 milles – 10h45)
3 avril 2006
Réveil à 5h00. Le port n’est vraiment pas terrible et
il est situé loin de la ville. Nous n’avons pas bougé
du bateau.
Le vent est toujours fort mais c’est du en partie à sa configuration.
A l’extérieur c’est beaucoup plus calme. Force 3-4, la
mer est belle. Nous naviguons gentiment toutes voiles dehors au grand largue
(¾ arrière)
A 8h00 le vent commence à forcir et la mer aussi. Force 5-6 puis 6-7.
On rentre la grand voile pour ne garder que le génois. On avance plutôt
bien mais le vent continu à forcir. Le génois est quasi complètement
enroulé. Force 8 avec des rafales à 9 soir 60 nœuds de
vent : plus de 100km/h !!! Les vagues atteignent 2 à 3 mètres
mais nous suivent. Ce n’est pas le moment de faire un écart de
barre. Avec notre petit bout de génois nous atteignons la vitesse de
9,99 nœuds 18 km/h ; le double de notre vitesse habituelle. Et puis à
l‘approche de la pointe de la botte, le vent et la mer se calment.
Nous entrons dans la mer adriatique.
Nous sommes assez éprouvés par notre premier gros coup de vent
qui heureusement n’aura pas duré trop longtemps.
Margot s’endort dans le cockpit. Je longe tranquillement au moteur la
côte ouest de l’Italie, direction nord-est pour rejoindre le seul
port sur la carte : Rocella Ionica.
Nous avons effectués à peu près la moitié du chemin
quand je distingue à l’horizon des moutons sur la mer. Le vent
semble à nouveau forcir mais cette fois nous risquons de l’avoir
de face. Je réveille Margot en lui disant qu’il est possible
que ça secoue un peu.
Un quart d’heure après nous sommes en plein dedans et ça
secoue, mais beaucoup. L’avant du bateau s’enfonce dans les vagues
jusqu’au premier panneau de pont. Cela nous fait retomber la vitesse
à 1 nœud ; puis le Mar Jo repart, luttant contre le vent et la
mer.
Pas très loin de nous un voilier plus petit suit la même route
que nous mais à la voile. On distingue trois hommes d’équipage
et ils n’ont pas l’air à la fête.
Ils nous rejoindront une heure après dans le port de Rocella Ionica
( 38°19 N et 16°26 E) où nous arrivons à 16h45 complètement
épuisés et affamés. Le repas de toute la journée
se résume à trois biscuits !!!!
Nous jetons notre amarre à un navigateur qui nous accueille en français.
Il s’agit de Dominique du voilier Belge « Lili » avec qui
nous resterons quatre jours dans l’attente d’une meilleure météo.
A peine arrivés, nous partons nous promener dans les pins et les mimosas.
Ca fait du bien de se dégourdir les jambes.
mardi 4 avril.
Découverte du port. Situé à environ 4 km du village.
Port gratuit en construction depuis plus de 10 ans. Eau sur les pontons mais
pas d’électricité. C’est déjà pas
mal. Plus tard lors de notre voyage nous rencontrerons beaucoup de plaisanciers
qui sont passés par là.
Le soir nous sommes invités pour un couscous sur « Lili ».
Dominique et Magdalena et leurs deux enfants Sylvain et Géraldine nous
accueillent chaleureusement. Magdalena s’occupe de son site Internet
et nous communique le virus ainsi que le …. logiciel.
Mercredi : avitaillement au village et soirée crêpes sur le Mar Jo avec « Lili ».
Une famille formidable embarquée pour l'aventure et dont vous pourrez suivre le voyage sur leur site Iternet : www.voilier-lili.be
ROCELLA IONICA / POROS Grèce:île de Céphalonie (222 milles – 36h00)
Samedi 8 avril 2006 :
Deux semaines que nous avons quitté Porquerolles. Nous ne sommes pas
encore à mi chemin.
6h40. Nous quittons Rocella Ionica un peu avant « Lili ». Le vent
est faible mais la houle encore forte. Nous l’avons par le travers bâbord.
C’est le reste du mauvais temps qui a sévit dans le nord de l’Adriatique.
Nous piquons droit sur l’île de Céphalonie.
Un peu après nous distinguons la voile de « Lili » à
l’horizon, mais au bout d’un moment ils nous contactent par radio
pour nous aviser de leur changement de cap. Ils descendent vers le sud espérant
trouver une mer plus plate.
A 13h00 nous avons croisé le chemin de trois belles tortues. L’eau
est limpide. Avec un peu de moteur et les voiles nous avançons à
6,40 nœuds de moyenne. C’est super.
A 18h40 nous sommes par 38°14 N et 18°04 E ; nous avons rencontrés
18 tortues et nous avons quatre oiseaux passagers à bord dont trois
hirondelles….
Certainement poussés par le vent et au milieu de nulle part, ces oiseaux
sont venus se reposer sur notre voilier. D’abord sous le vent de la
grande voile, ils se sont fait aspirer, puis ils se sont posés dans
le cockpit et enfin à l’approche de la nuit ont investi le carré
puis la cabine arrière !
Dans la soirée le vent est resté constant mais la houle s’est
amplifiée rendant le voyage désagréable. Il faudra passer
la nuit dans ces conditions.
Vers 21h00 le vent passe à force 5. Se sera encore un peu plus difficile
au niveau des vagues.
POROS / NAVPAKTOS (51 milles – 7h30)
Lundi 10 avril 2006 :
Après une bonne nuit nous partons tranquillement vers 9h30. Il n’y
a pas de vent et la mer s’est calmée. Cap plein est dans le milieu
du golfe de Patras. Au bout d’une heure le vent forcit un peu ce qui
nous permet de sortir les voiles.
Nous passons sous un immense pont reliant le continent Grec à la presqu’île
du Péloponnèse. C’est vraiment impressionnant. Puis nous
arrivons à 17h00 dans le joli petit port médiéval de
Navpaktos.
Quand je dis petit….. en fait il y a une place et nous la prenons. Un
peu à l’arrache mais il y a du vent et la manoeuvre n’est
pas simple.
Le soir nous irons visiter le village. Nous envoyons nos premières
cartes postales (qui mettront un mois à arriver), nous découvrons
un petit resto sympa et une pâtisserie que nous dévalisons. A
notre retour sur le bateau, deux policiers nous contrôlent gentiment.
Nous parlons un peu « grande maison » avec les mains.
île de LESVOS / CANAKKALE (70 milles – ? h)
Lundi 17 avril 2006 :
Départ à 7h00. C’est un grand jour. Ce soir nous dormirons
en Turquie…. Nous n’avons jamais été aussi prêts.
Et nous sommes dans les temps ; le départ est prévu d’Istanbul
le 25.
Nous laissons l’île de Bozcaada (Turque) sur notre bâbord
et à 9h30 nous entrons dans le détroit des Dardanelles. Quelques
dauphins nous saluent.
Nous sommes par 39°29'642 N et 25°58'545 E soit à la même
hauteur que Porto Corallo en Sardaigne où nous étions le 29
mars… Nous avons bien marchés.
Nous arriverons dans le port de Canakkale à 18h30.
Pas facile de se faire comprendre mais nous réussissons à faire
le plein.
CANAKKALE / MARMARA EREGLISI (94 milles – ? h)
Mardi 18 avril 2006 :
Départ à 5h15 soit en pleine nuit du port de Canakkale. Navigation
dans le détroit qui se rétrécit d’autant que le
trafic y est plus important. Et quels bateaux ??? des immeubles sur l’eau.
Je ne sais même pas s’ils nous voient au milieu de toutes ses
lumières et de tous ses échos radars. Nous luttons bravement
avec eux au côte à côte.
Le GPS indique que la balise du prochain virage à angle droit est encore
à 2 miles et pourtant notre voisin le gros porte container commence
sa manœuvre et va nous couper la route…. Un rapide coup d’œil
au GPS …. Il est planté !!! Au même moment j’aperçois
l’éclat du feu dans la nuit,ouf ! OK on vire aussi et on relance
l’électronique. Nous sommes au moteur à environ 6 nœuds
contre un courant de presque 4 nœuds … encore un peu on reculerait
! Mais on sort du détroit et nous pénétrons dans la mer
de Marmara.
Nous arriverons au mouillage de Marmara Ereglisi à 21h00. Il n’est
pas très confortable car ouvert à la houle mais c’est
le dernier avant Istanbul alors le moral est bon.
25 mars 2006.
Le pêcheur du coin nous dit que les conditions météo
semblent bonnes. Cela fait une semaine que nous disons au revoir à
tous les commerçants du coin !!!
Allez quoi, on y va. De toute façon si on ne part pas maintenant on
ne partira jamais car la fin du mois n’est pas annoncée très
bonne.
10H00 :
C’est parti. Cap à l’est sud est 125°, direction Bonifacio.
Adieu Porquerolles, nous reviendrons te voir.
Nous doublons Port Cros, puis c’est le large.
Nous sommes au portant, le vent derrière nous par trois quart arrière,
la meilleure allure pour naviguer à la voile, force 4, puis 5 et un
peu de 6 (30 nœuds) vers 15H00. La houle est assez forte mais va dans
le même sens que nous. Margot barre et MarJo file sur les vagues à
plus de six nœuds et demi de moyenne (avec une pointe sous voile à
9,12 nœuds !!!). Le bonheur.
Au milieu de nulle part une hirondelle vient se protéger du vent en
volant derrière la grand’ voile. Elle reste là un moment
puis voyant en nous une autre espèce de migrateurs, elle se pose dans
le cockpit. Elle nous tiendra compagnie un moment, le temps pour elle de se
reposer.
Après soixante miles et 8H30 de navigation à la voile, le vent
tombe et nous devons mettre le moteur. Mais nous sommes contents de cette
belle navigation.
La nuit nous nous relayons à la barre et nous scrutons en permanence
l’horizon. Par sécurité, vers minuit j’allume le
radar. Le tableau électrique s’éteint en même temps
!!! C’est la panne. Nous avons toujours nos feux de route, l’éclairage
du bateau, mais plus de radar, plus de radio, plus de Navtex (réception
météo par satellite) et plus de GPS !!!
Heureusement que nous savons naviguer à l’ancienne. Nous sortons
carte et règle et nous continuons notre route au compas les yeux encore
plus grands ouverts.
A 5H30 nous assistons à un lever de lune sur les îles sanguinaires.
C’est bon signe et magnifique.
A 13H00 nous entrons dans le port de Bonifacio pour passer une nuit tranquille
et un après midi à chercher la panne électrique.
(C’était une vilaine cosse qui ne faisait plus contact sur le
tableau et avec la houle elle s’était sauvée. Quelques
heures et un fer à souder et c’est réparé, sauf
le radar.)
Une petite visite de la ville s’impose et un bon repas chez Jojo où
je déguste une succulente saucisse alors que Margot se laisse tenter
par un assortiment de charcuteries et fromages Corses. Excellent.
NAVPAKTOS / CORINTHOS (56 milles – 10h30)
Mardi 11 avril 2006 :
Nous quittons ce magnifique endroit à 7h45 direction Corinthe ; le
cul de sac du golfe. Un bon vent nous accompagne ainsi que cinq dauphins.
Arrivée à 18h00.
Nous profiterons de l’étape pour faire le plein de gas-oil.
Pendant notre visite en ville, le vent s’est levé et à
notre retour nous voyons notre Mar Jo poussé contre le quai. Les pare
battages n’ont pas suffit, juste à cet endroit se trouve un gros
fer que je n’avais pas remarqué. L’aluminium en a pris
un sale coup. Je suis en rage contre moi. Le vent s’accentue et finalement
nous bloquera dans le port pendant deux jours.
CORINTHOS / île d'AEGINA (33 milles – 7h30)
Vendredi 14 avril 2006 :
A 9h30 nous quittons le port en direction de l’entrée du canal
qui se trouve à environ 1 mile.
Quelques bateaux y pénètrent l’un après l’autre
mais la capitainerie nous demande d’attendre à l’extérieur.
Nous ferrons des ronds dans l’eau pendant une heure.
Finalement c’est à nous.
Il n’y a rien à en dire. C’est impressionnant, haut, peu
large. La circulation s’y fait dans un seul sens à tour de rôle.
Il nous en coûtera 178€ à la sortie. Mais ça y est
nous sommes dans la mer Egée.
île d'AEGINA / île de KEA (49 milles – 8h00)
Samedi 15 avril 2006 :
Départ à 6h30. Le vent est assez fort mais au portant. Par
contre en passant le cap Sounion (réputé pour ses mauvais vents)
nous nous trouvons face au vent du nord qui souffle fort entre le continent
et l’île d’Eubée (Sporades). Heureusement l’île
de Kéa (Cyclades) se rapproche. Nous mouillerons à 14h30 dans
la baie bien abritée de Vourkari.
île de KEA / île de LESVOS (124 milles – 20h00)
Dimanche 16 avril 2006 :
Debout 4h00. La météo annonçait du calme : c’est
calme ! Un lac. Nous mettons le cap sur l’île de Lesvos (ou Mytilene
dans l’archipel du nord est de la mer Egée). En cours de route
nous passerons entre les îles de Psara et Chios où nous pourrons
relâcher en cas de mauvais temps.
Mais le vent sera totalement absent et la mer plate comme jamais nous ne l’avions
vu. Au moteur et à bas régime nous filons 6 nœuds…
Nous sommes escortés pendant 20 minutes par un banc de dauphins et
nous passons une journée relaxante. Nous doublons Psara à 16h45
et la laissons à 6 miles sur notre bâbord. Il nous reste 25 miles
à faire et le temps est toujours le même.
MARMARA EREGLISI / ISTANBUL (44 milles – 08h00)
Mercredi 19 avril 2006 :
Départ à 4h30. Vous remarquerez qu’en bateau les nuits
sont plutôt courtes….
Mais là c’est la dernière ligne droite et nous ne voulons
pas arriver de nuit dans le port d’Atakoy.
Nous y arriverons à 12h30 après une paisible navigation sur
une mer quelque peu agitée et surtout moins bleue que celles que nous
fréquentons depuis presque un mois.
A l’entrée du port, en pleine ville, des dizaines de dauphins
s’ébattent dans les eaux. C’est la sortie du Bosphore et
il doit y avoir une multitude de nourriture pour nos petits amis.
Nous sommes très bien accueillis par le personnel de la Marina et après
avoir fait le plein de gas-oil, nous nous dirigeons vers notre emplacement.
Il nous reste 5 jours avant le départ soit pour se reposer, soit pour
visiter la ville.
Nous opterons pour la seconde solution…..
Nous avons parcourus 1444 miles depuis Porquerolles et le voyage qui nous
attend en comporte presque autant...
Une chose est sûre : nous y sommes, nous l’avons fait et c’était
quelque chose qui restera à jamais gravée dans nos esprits et
dans nos cœurs.



Jeudi : deux aller- retour au village avec notre diable et des bidons pour rapporter 100litres de gas-oil. Soirée pattes sur « Lili » avec deux autres navigateurs : Antoine et Jean-Pierre. Tous deux francophones. L’un d’entre eux a fait le rallye EMYR il y a quelques années et nous en vante la qualité.
Vendredi : on se repose. La météo semble aller vers un mieux, nous partirons avec « Lili » demain matin direction la Grèce. En effet, nous comptions d’abord remonter un peu plus la côte italienne pour traverser au moins large. Mais cela nous rallongerai de trois jours et nous en avons déjà perdus un peu.















Mais ne nous plaignons pas, il y a pire!!!



















Jeudi 20 avril :Nous partons en bus et à pied à l'assaut du
vieil Istanbul.
Mosquée de Soliman, monuments de la ville, tour de Galatasaray, rues
commerçantes, etc...















2 - PORQUEROLLES à ISTANBUL
1450 milles
